CHAPITRE INÉDIT

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE X – AU SECOUR

La lumière du soleil pénétrait à peine par les fissures des volets fermés de la petite fenêtre, créant des motifs d’ombre sur le sol poussiéreux de la cave. Je suis recroquevillé dans un coin de ma cage, les genoux contre ma poitrine, le regard fixé sur une tache de moisissure sur le mur de béton. Ma respiration est silencieuse, presque inaudible, un effort conscient pour ne pas attirer l’attention.

Les pas lourds de mon grand-père résonnent sur le plancher au-dessus de ma tête. Chacune de ses empiétements fait trembler les planches du plafond, qui eux, laissent une trainée de poussière dans cet air fétide, une forteresse de terreur pour moi. Mes minuscules doigts, maigres et tremblants, s’enfoncent dans la chair de mes jambes alors que j’essaye de me faire encore plus petit.

La porte du sous-sol s’ouvre brutalement, percutant le mur de la cage d’escalier. Une silhouette massive se tient dans l’embrasure, l’ombre projetée est celle d’un monstre prêt à frapper. Il descend les premières marches. Son visage est rouge de colère, les yeux injectés de sang, un mélange de rage et de mépris s’y dégage me terrifient encore plus.

— Sale démon ! cria mon grand-père d’une voix rauque. Tu oses crier pour de l’aide !

Je sais ce qui m’attend, je ne peux m’empêcher, des larmes fatalistes collent sur joues. L’odeur âcre de l’alcool de l’haleine de mon bourreau s’imprègne dans la pièce, suffocante. Je tente de me lever, mais mes jambes ne me soutiennent plus. Avant que je ne puisse me redresser, la porte de ma cage s’ouvre. Une main puissante me saisit par le cou, me soulève de terre pour me grogner à deux pouces du nez. Puis, il me jette au sol.

Le premier coup tombe lourdement sur mon dos. Une douleur aiguë se propage le long de ma colonne vertébrale. Je me mordille les lèvres pour ne pas crier, mais un gémissement de douleur s’échappe malgré moi. Ce qui accentue sa colère. Mon frère, invisible mais présent quelque part dans la maison, ne vient pas à mon aide. Il ne vient jamais.

— Tu es un bon à rien, Démon ! Un moins que rien ! gronde mon grand-père en ponctuant chaque mot d’un coup de ceinture.

Chaque fois que le bout de cuir frappe, il laisse une marque rouge et douloureuse sur ma peau fragile et meurtrie. La lanière de cuir mord profondément. Elle grave des souvenirs indélébiles dans ma chair. La souffrance est devenue une compagne familière, une présence constante dans ma vie. Je sais que je ne dois pas crier en aucun cas. Je ne dois pas pleurer. Je dois endurer en silence, car chaque son peut intensifier la fureur de cet homme.

Un rituel de violence qui se répète chaque soir. Mes cris sont étouffés, la famine m’affaiblit. Ses coups méthodiquement donnés, mon corps s’engourdit, je tremble, j’ai froid, j’ai faim. J’apprends à survivre dans cette cavalcade macabre, à anticiper le moment où la ceinture s’abat sur moi, à deviner quand les poings succèdent au cuir. Je développe une étrange résilience, une capacité à me dissocier de mon propre corps, à laisser mon esprit s’échapper dans des contrées lointaines où la douleur n’existe pas.

Mais le pire, c’est le tisonnier. Les brulures qui m’accompagnent dans mes pires cauchemars. Une douleur qui s’enroule autour de mon corps comme des chaînes rouge écarlate qui se fusionnent à ma peau. Mon grand-père ne se contente pas de blesser mon être; il détruit aussi son âme. Chaque insulte est une flèche empoisonnée. Chaque accusation est une pierre ajoutée au fardeau de la honte que je porte en moi.

Après ce qui semble être une éternité, les coups cessent enfin. Le silence retombe, lourd et oppressant. Je reste allongé sur le sol, mes larmes roulent silencieusement sur mes joues. Ma respiration est saccadée, chaque inspiration est une lutte contre les meurtrissures.

Mon tortionnaire se redresse. Son regardant est empreint d’un palpable dégoût. Sans un mot de plus, il tourne les talons et quitte la pièce, laissant la porte ouverte derrière lui. Je sais que le répit sera de courte durée. Je reprends mon souffle. Mon corps tout entier me fait souffrir. Je vois des jambes apparaître sur la première marche. C’est mon frangin. Ce boulet à mon pied. Il ricane comme un imbécile. Une incompréhensible fureur me monte au nez, je ne comprends pas pourquoi. Pourquoi moi? Je n’arrive plus à bouger. La douleur s’intensifie… je m’évanouie…

Le lendemain, j’ouvre les yeux. Je suis dans ma cage, sur le sol. La froideur du plancher apaise mon mal. Ma peau laiteuse est boursoufflée et violacée de partout. Ma respiration est laborieuse, douloureuse. Je ne bouge pas, et même si je veux partir d’ici, je n’ai plus la force de bouger. Je sens la chaleur de la chaudière.

Des bruits métalliques m’alertent. L’effroi s’empare de mes tripes. Je veux fuir cet enfer, je ne suis qu’un enfant sans défense. Je sais ce qui m’attend. Le vieux ouvre la porte du four, j’entends le rugissement du feu qui dévore le charbon. Il brasse la braise avec les tisonniers, ces fers rougis par l’incandescente flamme du fourneau. Les instruments de torture préférés.

Il entre dans la cage, de sa grande main, me prend à la gorge. Il se rapproche de mon visage. J’ai de la difficulté à focusser, les hématomes de mes yeux m’y empêchent.

— Tu ne reparleras jamais, Satan ! me grogne-t-il en me frappant.

Ω Ʊ Ω

Je reprends conscience. Je ressens une douleur aigüe aux épaules. Mes coudes brûlent. Mes poignets sont coincés, si fort que je ne sens plus mes mains ni mes doigts. Mes orteils sont gelés. En fait, j’ai froid, la chair de poule se promène sur mon corps. Je sens de l’air frais et humide sur ma peau. Je suis nu, sans défense, sans dignité. Je suis ankylosé, mon enveloppe charnelle tout entière me fait souffrir. J’ouvre les yeux et je revois ce garçon obèse avec ce sourire moqueur figé à ses lèvres, assis sur une des marches de l’escalier. J’ai de la difficulté à garder ma tête droite, je manque d’énergie. Mon estomac crie famine. J’ai soif, je veux de l’eau.

À boire s’il te plaît, mon frère, pitié. J’essaie d’articuler mais rien ne sort de ma bouche.

Mes lèvres sont immobilisées par du ruban adhésif. En relevant les yeux, je vois Réginald qui tient une roulette de ruban gris dans ses mains. Je réussis à regarder autour de moi, je me retrouve encore dans le sous-sol de mon grand-père. Je vois la chaudière brûlante, la porte ouverte avec les manches des tisonniers dépasser de l’ouverture. Les flammes dévorent le fer qui en devient écarlate. Des larmes fatalistes coulent sur mes joues, je suis encore pris dans ce cauchemar !

J’entends la sonnette de l’entrée résonnée dans la maison. Des pas lourds se dirigent vers la fenêtre du fond. Au plafond, je vois la poussière tombée à chaque craquement sous les pieds de mon démon, mon tortionnaire, de mon grand-père. L’urgence se fait sentir. Je n’y peux rien, la douleur était trop intense, mes hurlements doivent avoir été entendu par le voisinage. Mes tripes me dictent de crier, de hurler encore plus fort, seuls, des bruits étouffés sortent de mes narines. Je pleure, j’ai peur. Je veux partir d’ici. Je veux fuir, mais je suis attaché, ligoté. Mon stupide frère me fait signe de la fermer :

— Chut! Mime-t-il de son index!

J’entends des voix d’hommes. Je reconnais l’une d’elle mais l’autre, plus calme, plus réconfortante, plus sécurisante :

J’ai peur, amenez-moi avec vous, je vous en prie… mais toujours rien ne sort de ma bouche, seulement un pleurnichement garrotté qui n’est pas assez audible pour que l’inconnu l’entende.

J’entends la porte se refermer. Comme toujours, il a su dissiper tous les soupçons. Les pas se dirigent vers l’escalier de la cave. Je vois des jambes apparaitre sur la première marche. La panique s’empare de moi. Je me débats, je cris mais il est trop tard, le bourreau est de retour. Maugréant des mots incompréhensibles pour des jeunes oreilles telles que les miennes, il empoigne le manche d’un tisonnier chauffé à vif et s’emmène dans ma direction.

— Tu ne crieras plus jamais, sale môme! Tu n’alerteras plus jamais personne, démon, spectre blanc! grogne-t-il entre les dents.

Il plante le métal brûlant dans ma poitrine gauche. Une stridente souffrance électrise toutes les cellules de mon maigre corps. Des spasmes incontrôlables convulsent mes membres sans muscles et martyrisés par la famine. Je sens ma chair fondre sous l’intensité du tisonnier. Le peu de graisse que j’ai sous la peau, boue sous l’incandescent outil de torture. Une fumée blanche entremêlée d’effluve de cochon braisé répugne mes jeunes narines et un haut le cœur se rend à ma gorge. La pression est trop forte. Je vomis mes tripes d’une odorante bile jaunâtre ce qui arrache le ruban et qui asperge le vieil homme.

— Sale môme! rugit-il.

Subitement, je ne vois que sa paume et ses cinq grands frères en plein visage…

Ω Ʊ Ω

Les volets battants de la vieille maison voisine de Justin Marshall grincent sous le vent froid d’octobre. Cela laisse entrevoir l’intérieur sombre et délabré. L’odeur de renfermé et d’humidité règnent dans l’air et témoignent de l’abandon de ce lieu. La maison, isolée en bordure d’un bois dense, semble être engloutie par les sombres secrets de son voisinage.

Ce matin-là, la tranquillité inquiétante est brisée par le bruit distinct des sirènes de police et des éclats lumineux des gyrophares. Une voiture de police suivie de près par un véhicule banalisé s’immobilisent brusquement devant la maison d’où des cris d’enfants avait déjà été entendu. Les agents descendent rapidement, les armes au poing, et avancent prudemment vers l’entrée principale. Le professeur de Réginald Marshall a avisé les autorités. L’enfant de l’école primaire, s’est vanté de torturer son jumeau avec son grand-père, soi-disant possédé par un démon.

Nous forçons la porte d’entrée. Mon cœur bat à la chamade :

Comment suis-je passé à côté de ça! me roule en boucle à l’esprit.

L’équipe complète fait son boulot, nous sécurisons le premier étage… du coup, un hurlement terrifiant nous fait tous blêmir, les poils de l’échine s’hérissent. Ce cri provient du sous-bassement.

C’est certain qu’il nous a entendu entrer. J’espère que le petit est encore vivant. J’engouasse!  Aussitôt que nous posons le pied sur la première marche de l’escalier de la cave, un autre effroyable cri retenti. Nous dévalons l’escalier aux pas de course.

Une scène abominable nous attend. Un petit garçon est suspendu par les poignets. Les pieds nus et à la traine. Il est squelettique et ne semble pas avoir sorti d’ici depuis longtemps. Sa tête effondrée vers l’avant, sa longue chevelure blonde et crasseuse suggère des années de maltraitance. Les rayons de soleil qui filtrent à travers les volets entrebâillés mettent en lumière les contusions et les cicatrices qui constellent son corps tout entier et ce, de sa peau presque translucide et malgré la saleté.

— Sergent Harris, regardez, je ne l’entends pas immédiatement, JACK! me répète-t-il plus fort pour me sortir de ma léthargie.

Je suis dévasté par la scène que je vois, comment puis-je avoir loupé ça! ne cesse de tourner en boucle dans ma tête! Je me retourne pour répondre à mon subalterne.

Bien assis sur une caisse de bois dans le coin de la maison près de la chaudière, nous voyons le vieillard qui marmonne des mots inaudibles. Assied sur ses genoux, un autre enfant, plus trapu et bedonnant. Le petit-gros tient un tisonnier encore fumant à la main.

À peine âgé de six ans, la petite victime fait l’effort de soulever sa tête et ouvre le seul œil potable qu’il lui reste pour me regarder. Mon cœur explose en million de morceaux en voyant les dégâts corporels qu’il a subis. Ses yeux bouffis, bleuis et meurtries, aucun mot, aucune phrase ne peuvent exprimer le reflet de résignation que j’entrevois dans ce regard innocent. Je m’approche tranquillement pour ne pas l’effrayer. Le garçonnet a appris à ne rien espérer de bon venant des adultes, je vois une panique s’instaurer, je dis doucement :

— N’est pas peur, petit, dis-je d’une voix douce mais ferme. Nous sommes ici pour t’aider. Tu es en sécurité maintenant, le son de ma voix l’apaise, je suis le sergent Jack Harris, quel est ton nom.

D’un air surpris, des larmes coulent sur ses joues. Il articule avec difficulté :

— J’ai peur, amenez-moi avec vous, je vous en prie, son corps se mis à trembler, je me nomme Démon, finit-il par me dire.

Je suis de la brigade des crimes contre les enfants et dans toute ma carrière, je n’ai jamais vu autant de dommages corporels sur un enfant de cet âge.

Son corps est recouvert de meurtrissures, d’ecchymoses, de coupures, de brûlures. Il dégage une odeur de nauséabonde d’insalubrité. Sa peau semble être translucide, et ce, malgré la saleté. Je le prends délicatement dans mes bras, le soulève, mon collègue coupe ses liens, et le garçon s’effondre sur moi. Il est à bout de souffle. Les ambulanciers travaillent avec délicatesse. Frêle et terrifié, sa minuscule main glacée tient mon pouce avec fermeté. Un écho sinistre qui résonne dans mes oreilles comme une promesse de délivrance néanmoins j’ai des remords. Comment aije pu ignorer ça?

— Je suis là pour te sortir d’ici. Tu n’as plus rien à craindre maintenant, et faudra te trouver un prénom, lui dis-je en le regardant.

Le garçon se contente de hocher la tête, trop épuisé ou trop boursouflé pour parler. J’entre dans l’ambulance avec lui et lentement, nous laissons derrière nous, les ténèbres infernales de ce qui lui avait servis de prison toute sa vie.

L’ENQUÊTE

L’enquête qui suit, révéla les horreurs auxquelles le garçonnet avait été confronté. Les autorités fouillèrent la maison. Ils découvrirent des preuves de la négligence, d’abus sévère, de tortures que le petit avait subi. Les journaux intimes de ce vieux fou, des photographies et des lettres jetèrent une lumière crue sur la bestialité de ce grand-père et l’abandon de sa famille. Les témoignages de voisins complétèrent ce sombre tableau. Ils décrivirent des cris effrayants d’enfant mais personne n’avait vraiment eu le courage ou la volonté d’intervenir. Ils se contentaient d’appeler la police.

Les preuves ainsi accumulées aboutir à l’incarcération de Justin Marshall dans un hôpital psychiatrique. Il fut inculpé pour abus sévères sur mineur, séquestration, sévices corporels graves, négligence criminelle et j’en passe. Le procès a été très rapide. L’homme fut condamné et interné avec une peine à vie. Cependant les cicatrices laissées sur l’âme de garçon ne pouvaient pas être effacées aussi facilement.  

LA RÉADAPTATION

L’équipe médicale prit en charge le petit Démon. Elle découvrit un garçon gravement sousalimenté, souffrant de multiples traumatismes physiques et émotionnels. Son corps portait des marques de sévices importants et il les portera toute sa vie, néanmoins, c’était son esprit qui nécessitait la plus grande des attentions. Les séances de thérapie furent longues et ardues. Le garçon refusait souvent de parler. Il se réfugiait dans un silence obstiné que les thérapeutes mirent des années à briser.

Avec le temps, l’enfant commença à répondre aux traitements. Il fut transféré dans un centre spécialisé pour enfants traumatisés, où il bénéficia d’un environnement stable et sécurisant. Les jours se transformèrent en semaines, et petit à petit, les murs qu’il avait érigés autour de lui commencèrent à se fissurer. La patience et la compassion des soignants commencèrent à faire renaître en lui une lueur de confiance en l’humanité.

L’ADOPTION ET UNE NOUVELLE VIE

Deux ans après son sauvetage, l’enfant fit la connaissance de Agnes et Adolph, un couple aimant et bienveillant qui avait longtemps souhaité adopter un enfant. Ils virent en lui non seulement un enfant en besoin de soins, mais aussi une âme qui cherchait désespérément une nouvelle chance.

Cette famille étaient déterminés à lui offrir cette chance.

Le processus d’adoption fut rapide, grâce au soutien des travailleurs sociaux qui avaient suivi le cas de ce jeune garçon. En l’espace de quelques mois, il devint officiellement membre de la famille. Leur maison, emplie de lumière et de chaleur, était un contraste saisissant avec l’obscurité de son passé.

Le petit s’adapta lentement à sa nouvelle vie. Chaque jour était une découverte de l’amour inconditionnel, de la sécurité, et d’une enfance normale. Sa famille adoptive l’inscrivit dans une école où il fit ses premiers amis. Ils l’encouragèrent à participer à des activités sportives et artistiques. Il lui permette d’exprimer ses émotions refoulées et de se reconnecter avec le monde.

Avec le soutien indéfectible de sa nouvelle famille, il commença à guérir. Ses cauchemars s’estompèrent, et ses jours furent remplis de rires et de jeux. Le garçonnet autrefois brisé trouvait enfin sa place dans un monde qui ne lui offrait plus de terreur, mais une promesse d’espoir et de bonheur.

La transformation du Démon blanc en un enfant épanoui fut un miracle de résilience et d’amour. Bien que les marques de son passé ne puissent jamais être totalement effacées, ces cicatrices devinrent une partie intégrante de son histoire, une histoire de renaissance et de la force indomptable de l’esprit humain.

DESCENTE AUX ENFERS

Je suivis le petit partout. Je peux conter cette histoire aujourd’hui, car je suis resté à ses côtés, tapi dans l’ombre. Je voulais m’assurer qu’il était en santé, qu’il ne manquerait de rien. D’un cauchemar à l’autre, je revoyais le petit attaché, mutilé me dire « pourquoi n’êtes-vous pas venu plus tôt? ». Je peux sentir l’odeur de la chair brûlée dans mes narines. La dépression se mis de la partie. Je suis rongé par les remords. Je n’arrivais plus à dormir, à manger, ni même à respirer.

Je suis coupable de manquement à mon devoir.

Durant le procès, plusieurs dossiers de preuves disparurent. Une sordide affaire datant de quelques années auparavant avait été déterrée. Pour en ajouter à mon enfer, je fus accusé à tort ces vols de preuves. Je suis tombé dans les excès de drogues, de boisson.

Je ne crois plus en l’humanité. Je ne crois plus en la justice. Je ne crois plus en la vie. J’erre maintenant dans les parcs. Dans l’ombre, je me fais invisible. Ce petit garçon devenu grand, me salut à l’occasion, même, il s’assure de mon confort. M’apportant de la nourriture et des couvertures, je sais qu’il sait qui je suis. Plus jamais personne ne te fera du mal mon enfant…